La fin du monde

Il me regarde à travers la porte. Il pousse de plus en plus contre le bois qui commence à craqueler sous le poids et les coups incessant de ce corps sans vie. Son grognement continue me fait tourner la tête. Un grognement long, ou surgit un son caverneux et grave.
Le zombie pousse la porte avec tout le poids de son corps et passe sa main moisie dans le trou qui a été créé par le coup de feu du fusil à pompe de Steeve.
Il me regarde à travers la porte. Du moins, la chose me regarde, corps sans vie, couverte de sang, de morceaux de peau qui ne lui appartiennent pas. Le sang et la haine, la chair et la rage, un démon, une apocalypse, l’annihilation de toute vie. La terreur expulsée de mon corps est si intense que ma gorge laisse échapper un hurlement sans nom, un son si puissant et tellement aiguë que je m’évanouis sur place tout en déchaînant les démons de l’enfer.
J’ouvre mes yeux péniblement. J’ai à peine le temps de comprendre ce qu’il se passe autour de moi qu’une vive douleur arrache un deuxième hurlement de ma gorge. Il a détruit la porte pendant mon évanouissement. Je suis pétrifié de peur, sans volonté, sans force aucune qui pourrait me permettre de réagir pendant qu’il me mange la jambe.
Je me sens faible, si faible. Je ressens une chaleur dans mon corps, comme un fluide qui se propage lentement de ma jambe vers mon cœur. Ma vue se trouble, mon rythme cardiaque s’accélère. Je me sens faible, si faible. Je ressens de la colère, comme du feu dans mon corps. Je vois de plus en plus trouble. Ma respiration s’accélère de plus en plus. Je suis, je, ou.. Il est… Mon dieu !! Mais que ! Je…. J’ai…
Steeve s’évanouit de nouveau. Quelques heures plus tard, il se lève, lentement, avec difficulté, mais avec la même rage que son créateur. Sa jambe est à moité arrachée, mais il trouve néanmoins la force de marcher en reposant son poids sur son pied déchiqueté. Et il avance, monstre rempli de haine. Et il avance, monstre qui ne veux que se nourrir.

Il est devenu ce qu’il redoutait le plus. Il est devenu cette âme sans vie, sans but, et errante.
Le monde est détruit, changé et transformé à jamais.
Il était le dernier humain vivant sur la planète Terre.
Le monde est perdu… a jamais…

©Sébastien Vergnaud-Sesti
Extrait 2014

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